Espace — temps du partage ,
Toutes les monades «s’entre-pénètrent» ...

L’idée d’une pénétrabilité réciproque est impossible à comprendre si l’on pense une essence stable des choses. Elle signifie au contraire qu’il n’y a que des forces actives dans le réel et que leur essence consiste dans la relation qu’elles ont entre elles. Chaque monade exerce sur le monde une action d’assimilation et subit jusque dans son cœur une insinuante influence de toutes les autres. Le monde est traversé de flux actifs et d’ondes assimilatrices. L’espace et le temps ne sont rien d’extérieur aux monades. L’espace est la multiplicité des adhérences infinitésimales, le temps la multiplicité des désirs élémentaires.

Pierre Montebello, "L’autre métaphysique"

"WALDGÄNGER"

…c’est la désaffection, cette lassitude ponctuelle qui monte de nos sociétés (et touche jusqu’aux décideurs, investisseurs, banquiers) face à la surproduction insensée, la camelote entassée dans les vitrines, le mercantilisme nauséeux, l’ébriété publicitaire ; c’est le salutaire "à quoi bon ?" de ceux qui ne comprennent plus le sens de ces pseudo-richesses. (…) Ce qui s’installe tout doucement, c’est moins un idéal de révolution que de détournement. Etre "anticapitaliste", c’est d’abord cesser d’être obsédé par le capitalisme, c’est penser à autre chose. Plutôt que d’être contre, pourquoi ne pas être à côté, se dérober ? L’on déserte en déplaçant les signes du luxe, du moins à titre individuel : le temps libre plutôt que les gros salaires, la méditation plutôt que la frénésie, la vie de l’esprit plutôt que la fièvre commerciale, les petites sociétés à la place du grand monde, la réclusion avec des amis plutôt que la solitude dans la foule. Bref, le retrait savamment dosé, une contradiction lucidement acceptée : des niches de beauté, de silence, de culture, une subtile schizophrénie qui permet d’être dedans et dehors, de se déprendre sans s’éloigner, un exil intérieur."

P. Bruckner, "Misère de la Prospérité"

Une définition:

La Monade est une substance inétendue, imperméable à toute action du dehors, mais subissant des changements internes obéissant aux principes d'appétition et de perception et qui constitue l'élément dernier, le plus simple, des êtres et des choses. Leibniz admet que chaque monade en reflétant tout l'univers y ajoute quelque chose de particulier.

(Proust,Guermantes 2,1921, p.479)

Leibniz est sublime, lorsque, dépouillant l'être de toute qualité, le réduisant au plus simple, au plus abstrait, au plus petit, à la dernière individualité solitaire, ou monade [it. ds le texte], il trouve non la quiddité vide des scolastiques, mais l'activité vivante et réelle, et reconstruit tout le monde avec des atomes de volonté.

Michelet,Journal,1842, p.384.

Aucun mouvement politique ne peut réussir sans être un mouvement culturel. La mécanique du changement a besoin de deux engrenages pour pouvoir fonctionner. Si un mouvement ne consiste qu’en symboles, réunions, slogans et manifestations, c’est un cadavre avant de naître. Tout un ordre symbolique doit être créé, même s’il est seulement idéal ou utopique, tout comme doivent être créées de nouvelles manières de vivre et d’être ensemble. Le militantisme seul ne peut répondre à ces besoins. Pour qu’il soit pérenne, il doit être intégré à une culture de la résistance, faute de quoi il n’y a au terme du parcours qu’épuisement et prise de distance.

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En expliquant la vie par l’intelligence, elle (l’interprétation finaliste) rétrécit à l’excès la signification de la vie; l’intelligence, telle du moins que nous la trouvons en nous, a été façonnée par l’évolution au cours du trajet; elle est découpée dans quelque chose de plus vaste, ou plutôt elle n’est que la projection nécessairement plane d’une réalité qui a relief et profondeur. C’est en vain qu’on voudrait assigner à la vie un but, au sens humain du mot. Parler d’un but est penser à un modèle préexistant qui n’a plus qu’à se réaliser. C’est donc supposer, au fond, que tout est donné, que l’avenir pourrait se lire dans le présent. C’est croire que la vie, dans son mouvement et dans son intégralité, procède comme notre intelligence, qui n’est qu’une vue immobile et fragmentaire prise sur elle, et qui se place toujours naturellement en dehors du temps. La vie, elle, progresse et dure.

Henri Bergson, "L’évolution créatrice"

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Seul l'éphémère reste, pour ainsi dire, rien au final, enfin presque rien. Grains de poussière, pensée et chair se déplacent et s'assemblent tout en défiant quiconque de les attraper. Ne restent que des fragments qui forment un "évènement", réel ou imaginé, et qui se dérobent devant la clôture ou l'enfermement, comme se dissout le corps illusoire de l'enfant.

Odette Aslan

Route d'Estévenens 2, 1686 Grangettes, Switzerland

simon